Crédit: Philippe Jasmin

La première fois j’ai eu la chance de voir un one man band, c’était en 2008 dans le cadre de Pop Montréal, pour aller voir Final Fantasy, alias Owen Pallett (que vous connaissez aussi peut-être pour ses nombreuses collaborations avec Arcade Fire, Beirut et autres grands noms de l’indie). Le looping m’étant alors un art inconnu, j’ai été renversée de le voir enregistrer en direct encore et encore de court bouts musicaux sur son violon, rejoués ensuite en continu pour ainsi bâtir les différentes partitions de ses chansons. En réalité, j’ai été si impressionnée que trois semaines plus tard, j’avais acheté un violon et commencé des cours…

Plus de quatre ans plus tard, au cours de la fin de semaine dernière, j’ai donc eu la grande chance de passer beaucoup de temps au Festival de Musique Solitaire (One Wo/Man Band Fest) qui se déroulait au Divan Orange, à la Casa Del Popolo et à L’envers (vous le savez maintenant si vous suivez ma chronique hebdomadaire ; trois de mes endroits fétiches) du 18 au 20 mai. Ce tout nouveau festival a pour mandat de mettre en valeur ce format musical souvent méconnu, où les artistes (seuls, il va de soi) se déclinent dans diverses catégories : on y retrouve autant le stéréotype de l’homme-orchestre engendré par notre vision collective (guitare à la mains, tambour au pied et harmonica à la bouche) que des djs et autres performeurs s’appuyant beaucoup sur la technologie ou sur le chaos punk. Tous les styles y passent : folk, blues, électronique, hip-hop, punk, rock, reggae, etc.

Avec plus de 18 artistes répartis dans ces trois soirées, il serait long et fastidieux de faire un résumé exhaustif de tous ces talents, mais je tenais tout de même à vous faire découvrir le top 5 de mes découvertes et coups de cœur du festival (choix difficile d’ailleurs, plusieurs étant si bons).

5. The Kettle Black

N’étant pas une fille à lever le nez sur du bon punk sale à la Sex Pistols, The Kettle Black m’a accrochée et tombe en plein dans le mille avec son style brute et primal. Kettle Black est le dernier projet de Nick Johannes, originaire de Saskatoon, qui avait auparavant évolué dans plusieurs groupes musicaux (à quelques membres, et même dans un autre one-man band, Bytander, jusqu’à temps que ce groupe se sépare – oui, oui, ses propres mots – en 2003). Utilisant principalement la guitare électrique, mais aussi d’autres instruments (tel le clavier) et s’appuyant légèrement sur la technologie, il n’y a pas à dire : Kettle Black déménage !

 

4. Scott Dunbar

Je pourrais parler longtemps de mon admiration pour le travail et la persévérance de cet artiste que j’ai vu régulièrement à Montréal ; mais à chaque fois, je suis subjuguée et rendue muette par sa présence de scène. Vrai porteur de joie de vivre, je vous conseille fortement d’aller lire, si vous ne l’avez pas déjà fait, l’excellent article réalisé par mon collège François-Charles Lévesque sur cet artiste formidable.

http://www.lesmeconnus.net/scott-dunbar-one-man-band-homme-orchestre/ 

 

 

3. Kris Demeanor

J’avais déjà entendu parler de Kris Demeanor, en tant qu’artiste accompli : il a déjà sorti plus de six disques (certains avec son band Crack Band, d’autres solo). Il a fait le tour du monde avec ses tournées et il a aussi jouer et écrit pour le théâtre. J’ai découvert un artiste à la plume intéressante, bien ancrée dans le quotidien, qui manie bien le indie folk, en y ajoutant ici et là divers accents, allant parfois même vers le spoken word.


2. Bloodshoot Bill

À Montréal, il est difficile à parler de one man band sans mentionner le nom de Bloodshoot Bill, qui a sorti plus de 30 disques ou chansons depuis 1998. Son énergie sur scène est contagieuse, son talent indéniable, sa musique vaguement rétro enlevante et si on ferme les yeux, on pourrait facilement croire que toute une troupe de musiciens est sur scène.

 

 

  1. Cocobeurre

Il y a tout de même longtemps que j’entends parler de Cocobeurre (nom de scène de la pianiste Coco Khan). Elle fût d’ailleurs parmi les choix déchirants dont j’ai dû me résoudre à manquer lors du dernier Pop Montréal. Son style minimaliste, à la voix présente et au son vaguement électro, toujours à la limite du réel et du rêve, rappelle parfois le répertoire de Coco Rosie. Douce et mélancolique, elle est pour moi une révélation.

 

- Marie-Paul Ayotte (Emmpii)

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