La mort est le plus grand mystère de la vie. Peu importe nos croyances, nos pensées, notre façon de vivre, nous serons tous avalés par la grande faucheuse. Plus la vie passe, plus le questionnement sur la mort se corse. Violette Daneau, directrice artistique des films La guerre des tuques et Bach et Bottine, entre autres, a embrassé l’idée de questionner la mort en rencontrant spécialistes, penseurs et simples mortels. Une idée qu’elle a voulu mettre en image et en mots à l’aide de son premier documentaire On ne mourra pas d’en parler. L’œuvre avait été présentée, aux Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) de 2011 sous le titre, Les équilibristes. On suit donc la réalisatrice dans sa quête sur la mort, ce tabou toujours d’actualité, en écoutant la parole de personnes qui confrontent ou pensent celle-ci de façons diverses.

L’exercice se veut généreux. On patauge du Québec à l’Espagne, en passant par la Suisse et les États-Unis. On nous raconte la mort par de courtes représentations d’histoires, certaines cocasses d’autres dramatiques, placées entre les pensées de tout un chacun où l’on parle de traditions anciennes jusqu’aux tendances athéistes. Le sujet étant vaste à conquérir, on s’y perd un peu, mais on sent l’urgence de la réalisatrice à tenter de mieux comprendre son sujet afin de faire entrer un faisceau lumineux sur la mystérieuse fin des humains. La peur est donc mise de côté pour faire place à des visions beaucoup plus sereines. On s’aperçoit que bien au-delà du mystère, la mort offre à l’humain une nouvelle façon de percevoir la vie, lorsqu’on s’y attarde plus précisément. Mention d’honneur à l’infographie des scènes où l’on voit des équilibristes marcher sur un fil de fer.

Vu lors de la première qui avait lieu au Lion d’Or, lundi dernier, On ne mourra pas d’en parler était précédé d’un « cabaret mortel » où chacun pouvait relater une expérience en lien avec la mort. Jeunes et plus âgés se sont racontés. Ce cabaret, très intéressant, aurait eu davantage d’impacts s’il avait été placé après la projection. L’expérience a quand même été gratifiante et il serait intéressant de retrouver ce genre d’événement plus fréquemment.

Il est à noter qu’une nouvelle boîte de distribution interactive: Films 2.0 a donné l’occasion à certains accros de la Twittosphère, de gazouiller pendant les activités de la première ainsi que durant la projection. Une participation qui a donc fait parler. Films 2.0 a pour mission « de promouvoir et d’augmenter la visibilité de la cinématographie québécoise et canadienne via des stratégies de mise en marché novatrices et adaptées aux besoins des cinéphiles d’aujourd’hui, incluant notamment la distribution en ligne. » Et vous savez qui est, entre autres, derrière cette compagnie ? Notre Rock Demers national! Oui, oui, le producteur des productions La fête qui nous a donné les succès des Contes pour tous. Cette nouvelle façon d’innover et d’interagir avec le public pour les amener, en quelque sorte, à participer à l’œuvre et à son avenir. Après le bouche à oreille, voici venu le temps du gazouillement aux yeux.

Ce film, produit et distribué par les productions du Rapide-Blanc Inc. (Chercher le courant, Visionnaires planétaires), est présenté dès le vendredi 23 mars au Cinéma Beaubien de Montréal et au cinéma Le Clap de Québec dès le 30 mars. (Ben oui, encore eux! Coudonc, sont-ils les seuls cinémas au Québec capable de prendre en charge des films d’auteurs, qui plus est, des documentaires à la parole prenante? Merci à ses cinémas d’exister!)

-Julie Lampron