C’est aujourd’hui que Lara Brown a lancé son deuxième album éponyme Ô Patro Vys. N’ayant pas la chance d’y assister, je me suis consolée en écoutant en boucle son dernier effort. Et je ne mentirais pas. À la première écoute, je ne savais trop que penser. On parle d’une chanteuse-née, d’une artiste multidisciplinaire qui a exploré la danse, le mime, le théâtre avant de réaliser son don pour la musique. Ça intrigue, c’est sûr : qui est Lara Brown?

Une jolie rousse qui a du chien, oui. Une artiste qui se rend en finale des interprètes au Festival International de la Chanson de Granby, qui décroche le Prix du public et le prix Coup de coeur de la fête nationale en 2004. Partie sur sa lancée, elle remporte également le concours Mon accès à la scène. En 2006, elle lance un premier album auto-produit, Kabaret Montréal. Cet album aux accents jazz et inspiré par la musique du monde est bien accueilli par la critique.

Et qu’en est-il de son deuxième album? Pensez à un mélange de calme, de sensualité et de dynamisme. Dur à imaginer? Dur aussi à saisir par moment. Les paroles, si elles ne sont pas celles d’une grande parolière, sont intéressantes et recherchées. Même si parfois on tombe dans les clichés, comme dans Jamais dire jamais, duo tout de même assez bien réussi avec Damien Robitaille : « J’ai peur de me brûler les ailes / Tellement ton cœur est brûlant / Depuis longtemps mon cœur vacant/ Attendait secrètement la perle / T’es mon étoile, mon firmament / Jamais je brûlerai tes ailes » Et pourtant, Lara revient nous chercher avec des chansons comme La pieuvre, dans laquelle elle s’insurge contre un manipulateur : « T’es ridicule / Sans arguments / T’es en panne sèche / de calculs / de boniments. » Définitivement, la révolte lui va bien.

Les sons de cet album quelque peu rétro sont riches : on passe de l’électro, du pop, du rock acoustique à l’industriel, avec des touches d’acide jazz. La voix douce de la chanteuse, même si elle n’effectue pas de grandes envolées, est mise en valeur par les arrangements de qualité. Lara est accompagnée par des collaborateurs talentueux, tels que Charles Imbeau à la trompette pour la reprise de Requiem pour un con de Serge Gainsbourg, Guido Del Fabbro (Pierre Lapointe) pour l’arrangement des cordes dans la pièce Sur la glace, Martine Coupal (Catherine Major, Diane Dufresne) avec qui elle a co-écrit la chanson très prenante Où es-tu, sans oublier Erik West-Millette et Olaf Gundel, les réalisateurs de ce deuxième album.

Fait intéressant, l’artiste a voulu s’impliquer à tous les niveaux dans la création de cet album. Elle va même jusqu’à choisir un « nom d’étoile », Lara Brown, pour mieux définir son identité à travers cette nouvelle phase de sa carrière. Mais pourtant, c’est peut-être ce qui manque. À travers les jolies mélodies entraînantes, les histoires bien ficelées, on la cherche. Et la question reste. Qui est Lara Brown?

- Mélissa Pelletier

 

Voici le premier extrait de l’album: